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La Pléiade et le renouvellement de la poésie

dimanche 5 mars 2006, par BERNOLLE Marie-Anne, Lycée Saint-Exupéry Mantes-la-Jolie

Sommaire

Introduction

On peut parler proprement dit d’école dans la mesure où les poètes répondent à un projet et un idéal communs qui s’exprime dans ce qu’on peut considérer comme leur manifeste : Deffense et illustration de la langue françoise, 1549 Jean Du Bellay.

L’équipe s’est modifiée au fil des ans : la dernière liste présente Ronsard, Du Bellay, Baïf, Pontus de Tyard, Jodelle, Belleau et Dorat. Elle est née du regroupement et de la confrontation d’élèves formés dans deux écoles : le collège de Coqueret dont les condisciples sont Ronsard, Du Bellay et Baïf et le collège de Boncourt où se côtoient Belleau, Jodelle et La Péruse (remplacé à sa mort par Belleau).

L’histoire et l’aventure des poètes de la Pléiade a été en quelque sorte reconstruite a posteriori, notamment par les romantiques du XIXème, mais rarement dans l’histoire de la poésie on a eu une impression à ce point forte d’avoir une tâche à accomplir et d’avoir des ambitions, des idéaux, des goûts communs à mettre au service d’un même projet.

Du Bellay Les Regrets
Je me feray sçavant en la philosophie,
En la mathématique, et medecine aussi :
Je me feray legiste, et d’un plus hault souci
Apprendray les secrets de la theologie :

Du luth et du pinceau j’esbateray ma vie,
De l’escrime et du bal : je discourois ainsi,
Et me vantois en moy d’apprendre tout cecy,
Quand je changeay la France au séjour d’Italie.

O beaux discours humains ! Je suis venu si loing,
Pour m’enrichir d’ennuy, de vieillesse, et de soing,
Et perdre en voyageant le meilleur de mon aage.

Ainsi le marinier souvent pour tout tresor
Rapporte des harengs en lieu de lingots d’or,
Ayant fait, comme moy, un malheureux voyage.

L’idéal de la Pléiade

L’idéal des poètes de la Pléiade se construit sur la mise au placard de ce qui les a précédé


- Ils mettent entre parenthèses les aspects séduisants de la production antérieure (poésie médiévale, marotique...) pour prôner la nécessité de purifier et renouveler la production poétique

- La création antérieure fait figure de création anecdotique à laquelle ils opposent l’idée d’une création poétique qui trouvera sa cohésion dans une inspiration commune, son souffle dans un idéal commun.

- Tous les prédécesseurs font figure à leurs yeux de mauvais versificateurs, sinon certains : Marot, Heroët, Scève, Saint-Gelais en qui ils voient des précurseurs mus par une inspiration individuelle originale.

L’idéal de la Pléiade est synthétisé et passé tel à la postérité grâce à l’ouvrage de Du Bellay : Défense et illustration de la langue française

Ce manifeste se veut être un nouvel art poétique et s’inscrire ainsi en faux par rapport à l’Art poétique de Sébillet, paru en 1548. Idéal militant qui trouve sa raison d’être dans l’histoire : défendre la langue, lui donner ses lettres de noblesse.

Le mythe de Rome

Les italiens et après eux les français sont hantés par le mythe de la Rome rayonnante qui a ensuite connu la décadence, la décadence de sa langue qui s’incarne dans le latin médiéval, langue d’église et langue du savoir.

Du Bellay Les Regrets
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son aage !

Quand revoiray-je, helas, de mon petit village
Fumer la cheminée : et en quelle saison
Revoiray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaist le séjour qu’ont basty mes ayeux,
Que des palais Romains le front audacieux :
Plus que le marbre dur me plaist l’ardoise fine,

Plus mon Loyre Gaulois, que le Tybre Latin,
Plus mon petit Lyré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur Angevine.

On peut lire aussi :

Du Bellay Les Antiquités de Rome
Nouveau venu, qui cherches Rome dans Rome
Et rien de Rome en Rome n’apperçois,
Ces vieux palais, ces vieux arcz que tu vois,
Et ces vieux murs, c’est ce que Rome on nomme.

Voy quel orgueil, quelle ruine : et comme
Celle qui mist le monde sous ses loix,
Pour donter tout, se donta quelquefois,
Et devint proye au temps, qui tout consomme.

Rome de Rome est le seul monument,
Et Rome Rome a vaincu seulement.
Le Tybre seul, qui vers la mer s’enfuit,

Reste de Rome. O mondaine inconstance !
Ce qui est ferme, est par le temps destruit,
Et ce qui fuit, au temps fait resistance.

Langue française naissante et langue latine

Apparaît donc un mouvement de soutien à la langue naissante afin de la doter des ors comparables à ceux de la feu langue latine. Parallèlement aux italiens, les français en la personne de la Pléiade veulent promouvoir la langue française. Ils s’inscrivent ainsi dans la continuité d’un mouvement qui les a précédé : Jean Lemaire de Belges Concorde des deux langages (le français et le toscan) 1511, Geoffroy Tory dans le Champ fleury 1529.

En 1539 - c’est tout récent - l’édit de Villers-Cotterêts impose l’utilisation de la langue française, langue nationale, pour tous les actes administratifs. Mais dans les faits, la langue française subit la rude concurrence d’une part des langues régionales, et d’autre part des langues étrangères espagnol, italien.

L’idéal d’une langue littéraire : il s’agit de défendre la dignité de la langue et la création littéraire

Réflexion théorique sur la rhétorique

C’est bien évidemment la redécouverte du De Oratore de Cicéron, de L’Institution oratoire de Quintilien et la profusion d’essais d’art rhétorique comme celui de Pierre Fabri (ou Le Fèvre) Le Grand et vrai art de pleine rhétorique en 1521.

La réflexion théorique sur la poésie, comme pour la rhétorique en général, s’inspire de la définition de la parole oratoire efficace. On distingue cinq parties : l’invention, l’élocution, la disposition, la mémoire, la prononciation.

Réflexion théorique sur la poétique et l’inspiration

Mais, en 1520 on découvre également en Italie l’Art poétique d’Horace, traduit en français par Peletier en 1541. Parallèlement, Marsile Ficin divulgue une pensée d’inspiration platonicienne qui permet de développer notamment la théorie de la fureur qui exalte la notion d’inspiration.

Du Bellay Les Regrets
Las où est maintenant ce mespris de Fortune ?
Où est ce cœur vainqueur de toute adversité,
Cest honneste désir de l’immortalité,
Et ceste honneste flamme au peuple non commune ?

Où sont ces doulx plaisirs, qu’au soir soubs la nuict brune
Les Muses me donnoient, alors qu’en liberté
Dessus le verd tapy d’un rivage esquarté
Je les menois danser aux rayons de la Lune ?

Maintenant la Fortune est maistresse de moy,
Et mon coeur qui souloit estre maistre de soy,
Est de serf de mille maux et regrets qui m’ennuyent.

De la postérité je n’ay plus de souci,
Ceste divine ardeur, je ne l’ay plus aussi,
Et les Muses de moy, comme estranges, s’enfuyent.

S’ensuit la parution du traité de Thomas Sébillet Art poétique en 1548 qui marque nettement l’évolution en cours dont l’aboutissement va être le traité de Du Bellay l’année suivante.

Les théories de la Pléiade

L’imitation

Ces jeunes poètes pensent à se former par l’imitation, imitation originale, tel est le sujet du premier livre de la Deffense et illustration de Du Bellay.

La traduction

La traduction en soi est vue comme dangereuse parce que chaque langue a son génie propre. Ils préconisent donc l’imitation, soit le fait de se nourrir (d’où le concept dans l’histoire littéraire d’« innutrition ») des textes anciens pour élaborer ensuite des écrits qui s’en nourrissent mais pour aboutir à une création personnelle. Ils prennent en cela pour modèles les latins qui se sont nourris des modèles grecs pour élaborer leur propre littérature : Tite-Live, Tacite // Thucydide, Ovide // Pindare.

Premier modèle, c’est le modèle italien, le modèle de Pétrarque

Ainsi à l’imitation de Pétrarque ils commettent tous plus ou moins des « canzionere » : voir les canzionere de Pétrarque, poésie lyrique contant l’aventure amoureuse de Pétrarque avec Laure.
- Du Bellay L’Olive 1549
- Pontus de Tyard Les Erreurs amoureuses 1549-1550
- Ronsard Les Amours 1552
- Baïf Les Amours de Méline

Voici ce qu’en dit Du Bellay une fois qu’il a pris du recul :

Du Bellay 1553
J’ai oublié l’art de pétrarquiser,
Je veux d’amour franchement deviser,
Sans vous flatter et sans me déguiser :
Ceux qui font tant de plaintes
N’ont pas el quart d’une vrai amitié,
Et n’ont pas tant de peine la moitié,
Comme leurs yeux, pour vous faire pitié,
Jettent de larmes feintes.

Ce n’est que feu de leurs froides chaleurs,
Ce n’est qu’horreur de leurs feintes douleurs,
Ce n’est encor de leurs soupirs et pleurs
Que vent, pluie et orages,
Et bref, ce n’est, à ouïr leurs chansons,
De leurs amours que flammes et glaçons,
Flèches, liens et mille autres façons
De semblables outrages.

De vos beautés, ce n’est que tout fin or,
Perles, cristal, marbre et ivoire encor,
Et tout l’honneur de l’Indique trésor,
Fleurs, lis œillets, et roses :
De vos douceurs, ce n’est que sucre et miel,
De vos rigueurs, n’est qu’aloès et fiel,
De vos esprits, c’est tout ce que le ciel
Tient de grâces encloses...

Je ris souvent, voyant pleurer ces fous,
Qui mille fois voudraient mourir pour vous,
Si vous croyez de leur parler si doux
Le parjure artifice ;
Mais, quant à moi, sans feindre ni pleurer,
Touchant ce point je vous puis assurer
Que je veux sain et dispos demeurer,
Pour vous faire service.

De vos beauté je dirai seulement
Que, si mon œil ne juge follement,
Votre beauté est jointe également
A votre bonne grâce ;
De mon amour, que mon affection
Est arrivée à la perfection
De ce qu’on peut avoir de passion
Pour une belle face.

Si toutefois Pétrarque vous plaît mieux,
Je reprendrai mon chant mélodieux,
Et volerai jusqu’au séjour des dieux
D’une aile mieux guidée ;
Là, dans le sein de leurs divinités,
Je choisirai cent mille nouveautés
Dont je peindrai vos plus grandes beautés
Sur la plus belle idée.

Deuxième modèle, les anciens, Pindare pour la Grèce, et chez les latins, Virgile, Horace, Ovide, Properce, Tibulle...

Du Bellay Les Regrets
Je ne veulx fueilleter les exemplaires Grecs,
Je ne veulx retracer les beaux traicts d’un Horace,
Et moins veulx-je imiter d’un Petrarque la grace,
Ou la voix d’un Ronsard, pour chanter mes Regrets.

Ceulx qui sont de Phoebus vrais poëtes sacrez,
Animeront leurs vers d’une plus grand’audace :
Moy, qui suis agité d’une fureur plus basse,
Je n’entre si avant en si profonds secretz.

Je me contenteray de simplement escrire
Ce que la passion seulement me fait dire,
Sans rechercher ailleurs plus graves argumens.

Aussi n’ay je entrepris d’imiter en ce livre
Ceulx qui par leurs escripts se vantent de revivre,
Et se tirer tous vifz dehors de monumens.

Cette théorie de l’imitation, de l’innutrition est fortement contestée et a été à l’origine d’une forte polémique

Guillaume des Autels, s’il approuve la critique contre les marotiques, ne comprend pas qu’on revendique la doctrine de l’imitation ; pour lui, le poète, doit oser être original.

Barthélémy Aneau, principal du collège de la Trinité à Lyon, rédige un pamphlet, un véritable réquisitoire Quintil Horatian 1550 où il condamne cette poésie érudite et pédante.

Du Bellay répond à tous par la préface de l’Olive.

Pour une nouvelle poétique

Le deuxième livre de la Défense et illustration est en soi traité de poétique : soit étude des moyens à mettre en œuvre pour augmenter, enrichir la langue française, d’où le mot « illustration ».

Enrichir la langue requiert doctrine et érudition en plus de l’inspiration

Selon Du Bellay doctrine (d’où son traité) et érudition (importance de la formation « humaniste ») :

« L’amplification de nostre langue (III) ne peut se faire sans doctrine ni érudition »

Cela vient ainsi en renfort de l’inspiration qui, à elle seule, ne saurait suffire.

« Qui veut voler par les mains et bouches des hommes, doit longurment demeurer dans sa chambre : qui desire vivre en la memoire de la postérité, doit comme mort en soymesmes suer et trembler maintesfois, et autant que noz poëtes courtizans boivent, mangent et dorment à leur oyse, endurer de faim, de soif et de longues vigiles. »

La question des formes

Sont ainsi épinglées les formes encore en vogue au cours du XVIème : « rondeaux, balaldes, virelais, chants royaux, chansons, et autres telles épisseries, qui corrumpent le goust de nostre Langue », et mis en avant formes et auteurs anciens qui les ont illustrées avec brio :
- Martial : épigrammes
- Ovide, Tibulle, Properce : élégies
- les mêmes : odes
- Horace : satire
- Pétrarque : sonnet
- Théocrite et Virgile : églogue

Sur le mode des idées platoniciennes, la poésie antique constitue en quelque sorte un archétype de la Poésie dont l’Antiquité s’était le plus rapprochée et qu’il s’agit de retrouver.

Le langage poétique doit être autre

Il se distingue du langage courant par la copia, l’abondance : enrichissement, amplification, augmentation. L’ornementation, les figures de style sont liées à l’essence même de la parole poétique. Ainsi, Du Bellay, dans la Défense et illustration, examine de façon systématique la manière de créer des néologismes qui vont permettre d’enrichir la langue. Ronsard, dans la préface de la Franciade, écrit :

« Les ornant et enrichissant de Figures, Schèmes, Tropes, Métaphores, Phrases et périphrases eslongnées presque du tout, ou pour le moins séparées, de la prose triviale et vulgaire (car le style prosaïque est ennemy capital de l’éloquence poëtique), et les illustrant de comparaisons bien adaptées de descriptions florides, c’est-à-dire enrichies de passements, broderies, tapisseries et entrelacements de fleurs poëtiques, tant pour représenter la chose que pour l’ornement et splendeur des vers ».

On peut ainsi renvoyer à la théorie de l’ut pictura poesis, la poésie est comme une peinture, théorie s’appuyant sur l’affirmation d’Horace.

Du Bellay Les Regrets
Marcher d’un grave pas, et d’un grave sourci,
Et d’un grave soubriz à chascun faire feste,
Balancer tous ses mots, respondre de la teste,
Avec un Messer non, ou bien un Messer si :

Entremesler souvent un petit : Et cosi,
Et d’un son Servitor contrefaire l’honneste,
Et comme si l’on eust sa part en la conqueste,
Discourir sur Florence, et sur Naples aussi :

Seigneuriser chascun d’un baisement de main,
Et suivant la façon du courtisan Romain,
Cacher sa pauvreté d’une brave apparence :

Voila de ceste Court la plus grande vertu,
Dont souvent, mal monté, mal sain, et mal vestu,
Sans barbe et sans argent on s’en retourne en France.

La poésie : parole heuristique

La poésie, sous la plume des poètes de la Pléiade, se veut parole heuristique

La poésie est heuristique, initiatrice de connaissances scientifiques et spirituelles, d’abord parce qu’elle cherche à communiquer le désir de connaissance au lecteur.

Ainsi, Ronsard établit une analogie entre rôle de la philosophie qui explore les mystères de l’univers et rôle de la poésie, du poète.

Ronsard, L’Hymne de l’Hyver 1563
Afin que le peuple ignorant me mesprise
La vérité cognue après l’avoir aprise,
D’un voile bien subtil (comme les paintres font
Aux tableaux animez) luy couvre tout le front,
Et laisse seulement tout au travers du voile
Paroistre ses rayons, comme une belle estoille,
A fin que le vulgaire ait désir de chercher
La couverte beauté dont il n’ose approcher

Nombreuses sont les œuvres à prétention philosophique :
- Ronsard Hymnes 1555-1556
- Scève Microcosme 1562, les Vers lyriques 1547,
- Peletier l’Uranie 1555

Réflexion néo-platonicienne sur la fonction de la poésie

On trouve dans cette théorie la marque du néo-platonisme qui fait la pensée des poètes de la Pléiade comme beaucoup de leurs contemporains. On retrouve la fonction première de la poésie qui serait de protéger les mystères sacrés des regards profanes.

Ainsi le poète s’efforce par la parole poétique de rendre visible la vérité qui échappe à tout langage, en procédant par approximation, allégories, images. La parole poétique peut seule se rapprocher de la parole originelle et révéler les mystères de la Création, approcher le divin.

De plus, les poètes de la Pléiade pensent en quelque sorte avoir la révélation de la beauté littéraire qu’ils tentent donc d’approcher par la parole poétique.

Du Bellay, L’Olive, « L’idée »
Si notre vie est moins qu’une journée
En l’éternel, si l’an qui fait le tour
Chasse de nos jours sans espoir de retour,
Si périssable est toute chose née,

Que songes-tu, mon âme emprisonnée ?
Pourquoi te plaît l’obscur de notre jour,
Si, pour voler en un plus clair séjour,
Tu as au dos l’aile bien empennée ?

Là est le bien que tout esprit désire,
Là le repos où tout le monde aspire,
Là est l’amour, là le plaisir encore.

Là, ô mon âme, au plus haut ciel guidée,
Tu y pourras reconnaître l’Idée
De la beauté, qu’en ce monde j’adore.

Conclusion

La Pléiade fut d’abord une grande aventure de l’esprit qui contribua à faire du français une langue littéraire. Ce courant a également contribué à élaborer les principes qui font les fondements de la poésie classique, fondements qui ont été ensuite pensés, réfléchis, contestés pour aboutir à la remise en cause d’une définition strictement formelle de la poésie et la mise en place d’une réflexion qui tend à chercher à comprendre ce qui fait l’essence de la poésie, du poétique en-deçà de la forme qui n’est qu’un épiphénomène.


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